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Rodrigo Cass

Espaço Liberto

October 17 - January 23, 2016

MdM Gallery



Latinos, 2015
video projection, 29’13’’
50x75cm
Edition 1 of 5

Latinos, 2015
video projection, 29’13’’
50x75cm
Edition 1 of 5

Press release


La MdM Gallery en partenariat avec la galerie Fortes Vilaça, présente du 17 octobre au 23 janvier 2016, Espaço Liberto, la première exposition individuelle de Rodrigo Cass en France, composée de vidéos, de peintures et de sculptures inédites. A l’occasion de sa participation à l’OFFICIELLE 2015, la MdM Gallery montrera en parallèle une autre sélection d’œuvres de ce même artiste, qui a figuré parmi les 14 jeunes représentants de la scène émergente brésilienne dans Imagine Brazil (MAC – Lyon, 2014).

Le titre de l’exposition fait référence au travail de Lygia Clark, artiste néoconcretiste brésilienne qui s’est intéressée à la « ligne organique », la frontière entre le cadre et le hors-cadre de l’œuvre, appelé dans ses textes « espaço liberto » ou « espace libéré ». Dans les métaphores visuelles de ses vidéos, sculptures et dessins, Cass souligne la matérialité des éléments – à travers l’intensité des couleurs, la texture des objets et la brutalité des actions – pour chercher un sens à la fois poétique, politique et spirituel, au-delà de ce qui est manifeste et visible dans l’œuvre.

Avec cet héritier du Néoconcretisme, les apparences sont toujours trompeuses. Ainsi, ses récipients en bronze peint – un pot de peinture dans Prova de Cor et deux bouteilles d’eau de javel dans Teoria Sensível – révèlent des intérieurs qui ne correspondent jamais à l’extérieur. Les peintures de la série Latinas ne se trouvent pas fixées au mur de façon ordinaire, mais sur des bandes de lin circulaires posées librement sur des clous.

L’artiste emploie dans ses films une esthétique caractéristique des vidéos du type DIY (Do It Yourself) dans lesquelles est mis avant le processus de l’action : la caméra fixe montre souvent les mains de l’artiste manipulant des matériaux (couteaux, fils, verres) mais ici l’acte répété en looping n’aboutit jamais sur une fin concrète ou complètement maîtrisée. La banalité apparente des mises en scène se révèle souvent être des allégories, comme dans le cas des bandes qu’il tire dans Latinos (2015), les diverses textures et couleurs représentant des personnages (certaines font même référence à des pays). « L’exercice de résistance de la vidéo reflète celle de la vie », explique-t-il.

La tension causée ici par l’imprévisibilité de la cassure des fils est présente aussi dans Marginal Oceano (2015), une vidéo sans cadre physique, projetée sur la vitrine en verre de la galerie : des feuilles mouillées de couleur bleu clair sont superposées sur un plan de tonalité bleu vif coupé par un fil rouge. Ce collage temporaire et fragile forme des dessins évoquant une mappa mundi sur laquelle l’eau de l’océan remplace les continents. Ce jeu de renversement sur l’espace ouvre des questions autour de l’appropriation du territoire – la dimension politique de l’œuvre est ici renforcée par la ligne écarlate de la vidéo qui n’est pas sans rappeler la division entre nord et sud.

Né en 1983, Rodrigo Cass vit et travaille à Sao Paulo. Son travail a été exposé dans Imagine Brazil (MAC – Lyon, 2014), HERE THERE (Qatar Museums, 2014), Sight and Sounds: Global film and video (The Jewish Museum NYC, 2013). Il est représenté par la galerie Fortes Vilaça (Sao Paulo). Entre 2000 et 2008, Rodrigo Cass a fait partie de l’ordre religieux catholique contemplatif du Carmel au sein duquel il était chargé de produire des icônes de style byzantin. S’il n’appartient plus à cet ordre religieux, la philosophie de la contemplation carmélite ainsi que la spiritualité de cet art sacré sont toujours les premières sources d’inspiration de sa vie et de son travail.

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